Le caractère de Samson est résumé dans une petite phrase : « L’Esprit de l’Éternel commença à l’agiter entre Tsorea et Eschthaol » (Juges 13.25). Cela confirme bien que Samson a commencé sa vie, agité par l’Esprit, mais sa faiblesse de caractère l’entraîne progressivement sur la pente du déclin. « Descendre » est une expression utilisée de nombreuses fois pour décrire l’état d’esprit de Samson :
Chaque chrétien est appelé à progresser et non à descendre. Samson est entré dans un processus de décadence.
C’est là que nous le retrouvons pour un deuxième combat : seul contre trente philistins.
La descente de Samson est maintenant entamée :
« Il descend à Askalon » (v.19). Il reste agité par le Saint-Esprit qui est à l’origine de sa puissance musculaire. C’est donc dans la ville d’Askalon, qui était devenue l’un des hauts lieux de culte des philistins*, que « Samson tua trente hommes, prit leurs dépouilles et donna leurs vêtements » à des hommes qui avaient réussi à le trahir par ruse (v.19). Les termes utilisés ici pour décrire la victoire écrasante de Samson sont exactement les mêmes que ceux utilisés par l’apôtre Paul pour décrire la victoire de Jésus-Christ sur les puissances des ténèbres à la croix: « Il a dépouillé les autorités et les dominations » (Colossiens 2.15).
Quand Samson revient chez lui après quelque temps d’absence, il demande à voir sa femme prise parmi les philistins. Mais il apprend qu’elle a été donnée à un de ses meilleurs amis par son propre beau-père. Pour tenter de rattraper cette bavure, celui-ci lui propose d’épouser sa fille cadette. Piqué au vif, Samson attrape alors trois cents renards*, les attache deux par deux par la queue (sans doute pour empêcher qu’ils rentrent à leurs terriers !) en y fixant un flambeau allumé. Il embrase et ravage ainsi sur de vastes espaces, les cultures de blé, de vignes et d’oliviers.
C’est le premier des combats où il n’est pas précisé que l’Esprit de l’Éternel avait saisi Samson. En effet, pour toutes les victoires précédentes ce fait était systématiquement mentionné (Juges 14.6 et 19 et Juges 15.14).
Que s’est-il passé ici ? Samson a agi de son propre chef. « Cette fois, je ne serai pas coupable envers les Philistins si je leur fais du mal » (Juges 15.3). Il s’agit donc de son jugement, de sa décision, de son opinion personnelle et non de celle du Saint-Esprit !
Et le résultat d’une telle pensée ? Sa femme et son beau-père mourront inutilement (Juges 15.6).
Samson est maintenant sur une mauvaise pente et bientôt il ne pourra même plus faire la différence entre ses ennemis, ses véritables adversaires et ses concitoyens, ses propres frères...
Cette fois Samson n’est plus au prise avec l’adversaire d’Israël, mais ses ennemis se trouvent dans son propre camp : ce sont ses concitoyens, ses propres frères.
Que s’est-il passé ? Les hommes de la tribu de Juda avaient trouvé un terrain d’entente avec leurs ennemis. 3000 hommes de Juda conduisent donc lâchement Samson vers les Philistins. Ces hommes de Juda sont comparés ici à des hommes de Dieu qui vivent en bonne intelligence avec l’adversaire. N’est-ce pas également ce type d’attitude que l’on adopte parfois ? N’y a-t-il pas quelques amis auxquels nous avons tourné le dos en fonction des circonstances ? L’Eglise aussi a très souvent souffert de ce type d’attitude que nos manuels d’histoire relatent avec divers noms : croisades, inquisitions, excommunications, persécutions, collaborations... Et toutes ces choses au nom de Dieu !
C’est dans ces tristes circonstances que Samson remporte une nouvelle victoire étonnante : « Lorsque les philistins poussèrent des cris à sa rencontre, l’Esprit de l’Éternel saisit Samson. Les cordes qu’il avait aux bras devinrent comme du lin brūlé par le feu, et ses liens tombèrent de ses mains. Il saisit une mâchoire d’âne et il tua mille hommes » (Juges 15.14-15). Pour nous aussi, à partir du moment où nous nous laissons remplir du Saint-Esprit, nous arriverons victorieux au bout du combat.
Lorsque ce quatrième combat se termine, Samson pense que sa victoire est due à sa propre force. C’est pourquoi il appellera le théâtre de cet exploit « Ramath-Lehi » c’est-à-dire « élévation de la mâchoire » pour chanter sa victoire glorieuse. Pour briser cet élan d’orgueil, Dieu fait surgir un nouvel ennemi inattendu contre lequel la puissance musculaire de Samson ne pourra rien... Seule l’intervention divine devient à cet instant une question de vie ou de mort pour notre héros.
À suivre...
Thierry Huckel
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