Concours Biblique

Le successeur de Salomon, Roboam

La succession de Salomon est décrite dans 1 Rois 12.19, par cette expression : « C’est ainsi qu’Israël s’est détaché de la maison de David jusqu’à ce jour ».

Quelques mots pour exprimer le drame qui a mis fin à une époque de prospérité et de gloire pour Israël, et qui a provoqué un affaiblissement durable du peuple de Dieu. Cette division aura pour conséquence de nommer 2 rois à la tête du peuple : Roboam et Jéroboam... Et ce sera la division !

Roboam était officiellement le successeur légitime de Salomon. Sous le règne de Salomon, Jéroboam était alors « un chef de corvées » sous les ordres du roi.

Débutons ce Bulletin par l’histoire du successeur légitime de Salomon, son fils Roboam...

Comment les choses se sont-elles passées ?

 

Le premier livre des Rois, chapitre 12, versets 1 à 5 apporte un éclairage : « Roboam se rendit à Sichem, car tout Israël était venu à Sichem pour le faire roi. »

Le peuple s’est réuni à Sichem. Et Roboam le rejoint à Sichem.

Pour son père Salomon et aussi son grand-père David, les choses se sont passées autrement :

Pourquoi avoir choisi Sichem ?

 

À cette époque, Sichem est un lieu très important en Israël. Sichem a été le premier lieu mentionné dans le pays de Canaan où Dieu annonçait à Abraham : « Tu es arrivé à destination ». Cette ville fortifiée était le symbole d’un monde extrêmement puissant, celui une civilisation cananéenne à son apogée, de loin supérieure, en ce temps-là, à la grande civilisation égyptienne.

Sichem a donc été la première ville qui a appartenue à Israël. Abraham, qui était étranger dans le pays y a acheté un terrain et une caverne, qui devait servir de sépulture pour Sara et pour lui-même.

C’est également à Sichem que les ossements de Joseph ont été ensevelis. Josué 24.32 : « Les os de Joseph, que les enfants d’Israël avaient ramenés d’Égypte, furent enterrés à Sichem... ».

C’est encore à Sichem qu’Israël couronna son premier roi : la première tentative d’établir une royauté en Israël a été célébrée en ce lieu, dans cette ville. Il s’agissait d’Abimélek. Juges 9.6 : « Tous les habitants de Sichem et toute la maison de Millo se rassemblèrent ; ils vinrent et proclamèrent roi Abimélek, près du chêne planté dans Sichem ». ... Abimélek, l’un des 70 fils de Gédéon, l’usurpateur, qui a réussi à gagner le cœur des hommes de Sichem par la fraude, et la séduction.

Sichem reste donc dans toute l’histoire d’Israël un lieu important, avec un passé et une grande renommée.

Pourquoi va-t-il chercher l’investiture auprès du peuple en dehors des murs de Jérusalem ?

 

À côté de Sichem, Jérusalem est une ville tout à fait récente.

C’est David qui avait conquis Jérusalem au début de son règne. Comparée à Sichem, Jérusalem n’avait pas encore une grande renommée et aucun passé historique. Par contre, il faut bien reconnaître que Sichem avait un passé prestigieux. C’est donc dans cette ville qui est à l’origine de l’histoire d’Israël que Roboam rassemble le peuple. Roboam les rejoint. C’est lui qui va vers le peuple. C’est le signe du désir de redémarrer sur un nouveau fondement, le fondement qui faisait le prestige d’Israël d’autrefois.

La stratégie de reconquête de Roboam veut donc se démarquer de ce qui a fait la renommée de David et de Salomon...

Pourquoi Roboam voulait-il se démarquer de David et de Salomon ?

 

Le texte fait ressortir que les relations entre le peuple et la royauté sont plutôt tendues au début du règne de Roboam.

En effet, si à la fin du règne de Salomon, on avait effectué des sondages sur sa côte de popularité, comme on le fait de nos jours, tout laisse à penser qu’elle se serait avérée désastreuse.

Le peuple estimait que sa situation s’était dégradée. La plupart des problèmes rencontrés étaient liés à une mauvaise gestion de la part de Salomon :

Au début du règne de Salomon, les Israélites n’étaient pas astreints aux corvées. C’était une main-d’œuvre étrangère qui assurait les durs travaux. Ce n’est que vers la fin du règne de Salomon que les Israélites ont été enrôlés de force sur les chantiers.

Cependant il y avait beaucoup trop de chantiers, comme nous avons pu le lire dans le dernier Bulletin. Le règne de Salomon a duré quarante ans et nous apprenons qu’il a construit sans s’arrêter et de toutes parts pendant 20 ans (2 Chroniques 8.11). Ces travaux de construction ont donc duré trop longtemps. Et surtout, tout cela a coûté trop cher et le peuple a été contraint de force à y contribuer.

 

Israël avait connu la paix et la prospérité pendant tout le règne de Salomon. 1 Rois 4.25 précise que pendant tout le règne de Salomon « Juda et Israël depuis Dan jusqu’à Beer Scheba habitaient en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier ». Il n’y a eu que de très rares conflits armés, et encore limités aux frontières. Or, à de tels avantages, on s’y habitue au point de ne plus les apprécier.

En l’espace d’une seule génération, Israël a pu accéder à la puissance, à la richesse et à la gloire comme aucune autre époque en Israël. 1 Rois 4.20 : « Ils mangeaient, buvaient et se réjouissaient et Salomon dominait sur un grand nombre de royaumes... ». C’était une époque de rêve. On pensait en priorité à son bien-être et à améliorer toujours plus son confort.

Et finalement, l’attente du peuple était exactement la même au moment de la prise de pouvoir de Roboam. Il voulait retrouver une vie plus facile.

C’est pour ces raisons que le mécontentement était là. Il fallait juste que le peuple trouve un homme, un porte-parole pour exprimer ouvertement son mécontentement. Il lui fallait trouver son leader syndicaliste pour parlementer avec Salomon. Le peuple va le trouver : ce sera l’un des hauts fonctionnaires de Salomon, Jéroboam, qui,quelques années auparavant, avait même osé s’opposer au roi.

1 Rois 11.26 : « Jéroboam, serviteur de Salomon, leva la main contre le roi... Salomon chercha alors à faire mourir Jéroboam. »

Cette confrontation avait obligé finalement Jéroboam à s’exiler en Égypte.

À la mort de Salomon, Jéroboam est bien là. Il est à nouveau présent, à la tête de la délégation du peuple venue à l’occasion de cette rencontre à Sichem. Voilà donc la situation générale qui règne au moment où Roboam est consacré comme le nouveau roi !

Poursuivons maintenant notre texte dans le premier livre des Rois, chapitre 12. 1 Rois 12.6-11 : « Le roi Roboam consulta les vieillards qui avaient été auprès de Salomon son père, pendant sa vie, et il dit : que conseillez-vous de répondre à ce peuple ?... ... Puis Roboam consulta les jeunes gens qui avaient grandi avec lui et qui l’entouraient. Il leur dit : que conseillez-vous de répondre à ce peuple ?... Et le peuple se retire avec un délai de trois jours de réflexion avant de revenir avec la réponse.

Roboam est un homme sage, il demande conseil :

 

Il se tourne vers les anciens, les vieillards, les sages. Il prend la température auprès des conseillers plus âgés car eux ont l’expérience et la sagesse. Ils savent ce qui a affaibli le règne de Salomon. Ils conseillent donc la modération. Ils conseillent quelques compromis et quelques concessions. D’ailleurs parmi eux se trouvent probablement des sages qui ont contribué à la rédaction des Proverbes. Alors, bien entendu, ils ont appliqué ce Proverbe que nous trouvons au chapitre 15.1 : « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère ».

Roboam se tourne ensuite vers les jeunes. C’est maintenant la nouvelle équipe dirigeante. Comme on pouvait s’y attendre, ils sont totalement opposés à l’opinion des anciens : Quand on veut diriger, il ne faut surtout pas faire de sentiments. Cela empêche d’être efficace. Ce n’est pas la rue qui gouverne. Si on veut arrêter tous ces mouvements qui cherchent à paralyser le pays, il est temps de serrer la visse et d’employer la manière forte pour les impressionner.

Il est temps de nettoyer tout cela au karcher dirait-on dans le langage actuel !

Il faut des discours autoritaires et ainsi, plus personne n’osera murmurer ni exprimer son mécontentement. ...Il n’y a vraiment rien de neuf sous le soleil !

Mais quel âge pouvaient bien avoir ces jeunes conseillers aux dents longues ? Le texte précise « qu’ils avaient grandi avec Roboam » (1 Rois 12.8 et 10). Ils avaient donc à peu près le même âge que le roi. Quel âge avait Roboam ? C’est 1 Rois 14.21 qui nous renseigne : « ... il avait 41 ans ». Et oui, ces petits jeunes, ils ont quand même environ quarante ans ! Ce qui explique d’autant plus qu’ils sont impatients de prendre les rennes du pouvoir car ils en avaient assez d’attendre.

 

Malheureusement, il a oublié de chercher aussi conseil auprès de Dieu. Pourtant il s’était donné trois jours pour réfléchir, et il aurait pu le faire pendant ce temps.

Quel conseil Roboam décidera t-il finalement de suivre ?

Le drame, c’est qu’il a finalement suivi le mauvais conseil. 1 Rois 12.12-16 : « Jéroboam et tout le peuple vinrent vers Roboam le troisième jour, selon ce qu’avait dit le roi... Le roi répondit durement au peuple. Il laissa le conseil que lui avait donné les vieillards, et il leur parla ainsi d’après le conseil des jeunes gens : mon père a rendu votre joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant ; mon père vous a châtié avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions. Ainsi le roi n’écouta point le peuple... ».

Roboam a répondu durement. Il n’a pas évalué la situation de détresse du peuple. Et le peuple a réagi avec colère. Cet événement va aboutir à une fracture sociale dramatique. Ce sera finalement un peuple divisé en deux : d’un côté Juda, avec 2 tribus, et de l’autre côté Israël, avec 10 tribus.

À partir de maintenant, le peuple de Dieu n’est plus uni. Pendant deux siècles, ces deux parties du peuple vont constamment s’affronter. Ils vont se provoquer, s’affaiblir réciproquement, par toute une série de luttes fratricides. Le peuple de Dieu qui était jusque là uni, va maintenant former deux peuples, deux clans qui s’opposent. Là encore un Proverbe fameux aurait pu résonner à l’oreille de Roboam.

Proverbe 18.19 : « Les frères sont plus intraitables qu’une ville forte et leurs querelles sont comme les verrous d’un palais ».

Quelles seront les conséquences d’une telle fracture ?...

... À suivre

Thierry Huckel

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