Concours Biblique

Le successeur de Salomon, Jéroboam (suite)

 

Après la mort de Salomon, le royaume d’Israël se divise entre deux souverains : Roboam, le fils de Salomon, règne sur le royaume du Sud, tandis que Dieu confie le royaume du Nord à Jéroboam.

Malheureusement, Jéroboam s’appuiera sur ses propres forces pour asseoir son pouvoir. Pourtant, Dieu avait porté un regard favorable sur Jéroboam lorsqu’Il l’a choisi pour devenir roi.

1 Rois 11.29-38 : Jéroboam rencontra en chemin le prophète Achija de Silo qui s’adressa à Jéroboam : « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : voici je vais arracher le royaume de la main de Salomon et je te donnerais 10 tribus... Tu règneras sur tout ce que ton cœur désirera, tu seras rois d’Israël. ». Dieu était prêt à l’aider... mais Jéroboam refuse et la peur d’être tué par ses compatriotes s’empare de lui. Il décide alors de mettre en place toute une série de mesures très populaires pour s’attirer les bonnes grâces du peuple.

 

Il commence par créer deux nouveaux lieux de cultes dans lesquels il dresse deux veaux d’or. Et lorsqu’il faudra nommer des sacrificateurs pour officier des cultes, il va une nouvelle fois faire preuve d’une grande habileté qui va renforcer sa popularité. Jusque-là, une seule famille avait été désignée par Dieu pour officier les sacrifices : c’était la famille d’Aaron, frère de Moïse. Or cette famille faisait partie de l’autre royaume, sous le contrôle de Roboam ! Pour contourner ce problème et se séparer définitivement du temple de Jérusalem, Jéroboam abolit ce privilège lié à la naissance. À partir d’aujourd’hui, quiconque veut devenir sacrificateur peut le devenir en apportant un petit cadeau pour le bon fonctionnement des offices. Quiconque apportait son cadeau était considéré comme sacrificateur et avait libre accès au sacerdoce.

 

2 Chroniques 13.9 « N’avez-vous pas repoussé les sacrificateurs de l’Éternel, les fils d’Aaron et les Lévites, et ne vous êtes-vous pas fait des sacrificateurs, comme les peuples des autres pays ? Quiconque venait avec un petit taureau et sept béliers, afin d’être consacré, devenait sacrificateur de ce qui n’est point Dieu ».

Devant la popularité de cette mesure, il s’est certainement trouvé là de nombreux volontaires pour devenir sacrificateurs et servir le culte.

Israël a donc son lieu de culte.

Israël a aussi son nouveau dieu (des veaux d’or).

Israël a maintenant ses sacrificateurs et ses prêtres.

Il lui manque une dernière chose pour couronner le tout : il manque la célébration solennelle, il manque la fête de cette dédicace.

Jéroboam va régler ce problème de la fête en un tour de main. Et ça le rendra encore plus populaire.

1 Rois 12.32 : « Il établit une fête au huitième mois, le quinzième jour du mois, comme la fête qui se célébrait en Juda (c’est-à-dire à Jérusalem), et il offrit des sacrifices sur l’autel ». En Israël, il existait sept fêtes, dont trois devaient être célébrées à Jérusalem.

Alors Jéroboam a une idée : il va créer sa propre fête. Une fête instaurée sur aucune base historique.

Et cette fête, il la place après la dernière des sept fêtes en Israël, juste un mois après la fête des tabernacles, la plus grande de toutes les fêtes.

 

Et Jéroboam dit au peuple : « Moi, voyez-vous, je vous donne plus que les autres ; Israël a sept fêtes, et bien moi je vous en donne une huitième, une en plus : des journées de congés supplémentaires pour faire la fête... les autres vont vous envier ! ».

L’histoire est ainsi faite !

Quand ça va mal il faut des fêtes pour oublier et ne plus penser.

Et en France, nous sommes de plus en plus gâtés par les fêtes depuis une vingtaine d’années.

 

Et ce n’est pas fini, on en aura encore d’autres. C’est une évolution normale :

... La huitième fête, un cadeau du roi... et le tour est joué.

Et pourtant c’est bien souvent pour camoufler la misère !

Quel sera le résultat de cette immense popularité ?

Maintenant les festivités sont ouvertes. Jéroboam, tel un nouveau Salomon, se tient devant l’autel pour officier ces instants solennels.

1 Rois 12.33 : « Jéroboam monta sur l’autel qu’il avait fait à Béthel, le quinzième jour du huitième mois, mois qu’il avait choisi de son gré. Il fit une fête pour les enfants d’Israël, et il monta sur l’autel pour brûler des parfums... »

... Jéroboam, cet homme, choisi par Dieu pour Le servir, a voulu jusqu’au bout garder le peuple pour lui et par ses propres moyens.

 

Et c’est à ce moment-là que « Voici un homme de Dieu arriva de Juda à Béthel... Et il cria contre l’autel par la parole de l’Éternel ». C’est à ce moment-là que Dieu parle. Jusqu’à cet instant Dieu a laissé faire. Et cette parole retentit alors que la fête bat son plein...

Et la parole de Dieu va retentir par la bouche de trois prophètes :

  1. Le prophète qui vient de Juda (Jérusalem).
  2. Le prophète qui est à Béthel.
  3. Le prophète qui est à Silo.

Dieu va parler par ces trois hommes, d’une manière tragique...

Mais il va parler et il avertit ainsi tout le peuple !

1. Tout d’abord surgit un prophète qui vient de Jérusalem :

Le prophète crie contre l’autel :

 

1 Rois 13.2-3 : « Il cria contre l’autel, par la parole de l’Éternel, et il dit : Autel ! Autel ! Ainsi parle l’Éternel : voici il naîtra un fils à la maison de David ; son nom sera Josias ; il immolera sur toi les prêtres des hauts lieux qui brûlent sur toi des parfums, et l’on brûlera sur toi des ossements d’hommes ! Et le même jour il donna un signe, en disant : c’est ici le signe que l’Éternel a parlé : Voici, l’autel se fendra et la cendre qui est dessus sera répandue ».

Quelle parole ! Trois siècles plus tard Josias devint roi de Juda et trois siècles plus tard tout ce qui a été prononcé ici s’est accompli à la lettre (lire 2 Rois 23.15-20).

Et une autre prophétie va s’accomplir à l’instant même pour prouver que je dis la vérité : L’autel se fendra, ce que tu as bâti Jéroboam ne durera pas, il y a déjà une faille dans ton autel.

Et quelle sera alors la réaction de Jéroboam ?
Va-t-il s’humilier ? Va-t-il accepter l’avertissement ?

Absolument pas, il réagit avec colère :

1 Rois 13.4 « Lorsque le roi entendit la parole que l’homme de Dieu avait criée contre l’autel de Béthel, il avança la main de dessus l’autel en disant : Saisissez-le ! Et la main que Jéroboam avait étendue contre lui devint sèche, et il ne put la ramener à lui ».

 

Jéroboam se met en colère contre l’homme envoyé par l’Éternel...

... Alors Dieu sort de son silence et Jéroboam est stoppé net... Un bras étendu, mais un bras impotent, sur lequel il n’a plus aucune autorité. L’un de ses membres ne lui obéit plus...

... Et il va avoir besoin de l’intervention du prophète de Dieu pour ramener ce bras à lui, pour être à nouveau un homme qui peut agir.

Et Dieu, dans sa miséricorde, a pitié de cet homme, et guérit Jéroboam.

2. Ensuite un deuxième prophète intervient : c’est le vieux prophète qui habite Béthel (1 Rois 13.11).

 

Il a été présent au tout début des festivités, il a même assisté aux préparatifs. Mais il s’est tu nous est-il dit. Par son mensonge et son insouciance il causera la mort du prophète de Juda. À cette occasion quelque chose se réveille au fond de lui, il se ressaisit pour être à nouveau le porte-parole de Dieu. Il confirmera ce que le prophète de Juda avait prononcé : 1 Rois 13.32 : « Car elle s’accomplira, la parole qu’il a criée, de la part de l’Éternel, contre l’autel de Béthel et contre toutes les maisons des hauts lieux qui sont dans les villes de Samarie ». Mais Jéroboam n’en tiendra pas compte.

3. Pour finir intervient Achija, le prophète de Silo

 

Souvenez-vous, c’est cet homme qui avait annoncé, plusieurs années auparavant à Jéroboam, qu’il allait devenir roi d’Israël.

Le fils de Jéroboam vient de tomber gravement malade ; il est au bord de la mort. Dans une dernière lueur d’espoir, Jéroboam envoie sa femme auprès de ce prophète Achija et lui donne cette recommandation : 1 Rois 14.2 : « Déguise-toi, fais toi passer pour une autre, mais va recevoir une parole de l’Éternel pour mon fils, va vers cet homme à Silo... C’est lui qui m’avait dit que j’aurai tout ce que mon cœur désire, alors il nous donnera des paroles de réconfort pas comme tous ces prophètes de malheur qui veulent briser notre vie. »

Achija, par le Saint-Esprit reconnaît la femme de Jéroboam et, au lieu de la réconforter, il lui annonce des choses dures : « Dès que tes pieds entreront dans la ville à ton retour, ton fils mourra » (1 Rois 14.12).

« Et ton fils, c’est le seul de la maison de Jéroboam en qui il y ait quelque chose de bon devant l’Éternel » (1 Rois 14.13).

 

C’était le meilleur de tous tes enfants et c’est lui qui va mourir en premier. Finalement, Jéroboam va causer la mort de tous ses enfants ! (1 Rois 15.25-30) Parole de Dieu ; Sévérité de Dieu ; Sainteté de Dieu.

Dieu avait donné à Jéroboam tout ce que son cœur désirait, ce que tout homme aimerait connaître.

Si seulement Jéroboam avait pu faire confiance à l’Éternel, que de souffrances auraient été épargnées !

Mais Jéroboam a préféré s’appuyer sur ses propres forces pour garder ses privilèges acquis par un don de Dieu. C’est cela la voie de Jéroboam.

Que le Seigneur Jésus nous préserve de suivre la voie de Jéroboam !

Thierry Huckel

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